Tom
JOSEPH
181 chemin du Sabatier
07140 Les Salelles
France
- 07 84 82 28 10
- 04 75 88 59 51
181 chemin du Sabatier
07140 Les Salelles
France
Biographie
Graphisme, illustrations, micro édition, estampes... Depuis une trentaine d'années j'ai commis un nombre assez conséquent d'images dont le dessin - d'observation ou d'imagination - est toujours le fondement. J'aime me qualifier d'imagier, une attitude qui consiste à mettre son dessin au service des autres - artistes, musiciens, paysans, chercheurs ou institutions environnementales.
Né à Lyon, j'ai fait mes études en Ardèche, qui, après quelques années marquantes en Bretagne, deviendra ma terre d'adoption. À travers la fréquentation de plusieurs ateliers j'y ai acquis mes bases de dessin. Une pratique qui a générée de nombreuses rencontres, avec les autres ou avec le monde. Une façon sensible, poétique ou drôle de dire l'indicible ou de saisir l'insaisissable.
Parcours
Depuis 2002, l’estampe est devenue un axe majeur de mon travail. Formé à l’impression et la gravure en taille-douce par Jean-Philippe Boucher, héritier des ateliers Moret à Paris, je me suis ensuite orienté vers la taille d’épargne sur linoléum. J’ai ainsi exploré les interstices de cette technique en travaillant sur les défauts de pression ou les encrages manuels jouant des rouleaux encreurs comme certains jouent du pinceau. En témoignent certains rendus proche de l’aquatinte ou de l’aquarelle. Plusieurs prix et expositions sont venus valider ces recherches.
En 2021, suite à l’invitation de Florie Keller, j’ai abordé la sérigraphie avec le paysage comme son sujet de prédilection. Toujours d’après des dessins réalisé in-situ. De retour en atelier je décompose et recompose le réel, à travers des jeux chromatiques ou géométriques.
Aujourd’hui, fort d’une longue collaboration avec le projet Marcher depuis la nuit des temps, j’oscille entre le dessin poétique et l’illustration scientifique tout en gardant un regard singulier sur le paysage.
Démarche
Des garrigues à Ouessant
Faire le choix du paysage comme sujet revient à se livrer à l’imprévu, partir sans savoir ce que l’on va trouver. C’est un principe qui réside, entre autre, sur la faculté d’émerveillement. Plus je dessine des paysages, plus je me rends compte que chaque dessin est le fruit d’une multitude de facteurs. Chaque temps de dessin convoque tellement d’éléments que nul ne saurait le prédire.
À Ouessant, j’ai appris l’instantanéité des choses. Quand l’image point, il faut la saisir, sans rien remettre au lendemain. La lumière est fugace et les ombres qui en découlent modifient sans arrêt les compositions. Là ou la photographie fixe un instant donné, le dessin, par la durée qu’il requiert, s’accorde, lui, à la temporalité du lieu.
Alors commence un jeu entre la perception longue d’un paysage en mouvement et sa représentation par le trait. C’est un temps de respiration durant lequel je lis le paysage dont je fais partie. Le fondement en est toujours la roche, qui selon sa genèse s’exprimera différemment : calcaires, schistes ou granits racontent des histoires bien différentes qui naissent dans les temps profonds de la géologie et supportent ensuite, tout un développement du vivant humain et non humain, jusqu’à nos jours.
Des calcaires ruiniformes des garrigues aux falaises de granite du Finistère, écouter ces histoires non verbales n’a de cesse de me porter vers une reconsidération du monde et par la même une représentation de celui-ci. La notion d’invu telle que l’ont définie Alain Rey et Fabienne Verdier* est sans doute un des principes qui m’anime le plus : tenter de re-présenter le monde comme je ne l’ai encore jamais vu.
* « Sur le motif », Alain Rey et Fabienne Verdier. éd. Galerie Lelong & Co. 2023