Emmanuel
Doser
8 rue Burgidoi
64120 Saint-Palais
France
- 0664164982
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Fils d’un artiste issue de l’école expressionniste allemande, j'ai grandi dans un environnement marqué par la création et la transmission. j'ai étudié les arts plastiques et les arts appliqués à l’Université du Mirail à Toulouse (aujourd’hui Université Jean Jaurès). Après une carrière d’infographiste en imprimerie, je renoue avec une pratique artistique personnelle en m'étant formé à la gravure auprès de Jana Lottenburger et Judith Millot aux Beaux-Arts de Bayonne.
Ma démarche réunit deux pratiques qui, en apparence, pourraient sembler opposées : la gravure et le collage numérique. L’une procède par matrice, encrage et répétition ; l’autre par fragmentation, déplacement et recomposition. Pourtant, elles répondent à une même nécessité : désorienter l’image afin d’en déplacer l’autorité.
• Gravure : En présentant côte à côte les tirages issus d’une même plaque, semblables mais toujours différents selon les encrages, le travail met en crise l’idée d’un original stable. Chaque image devient une occurrence, une variation parmi d’autres, révélant que ce que nous croyons unique n’est souvent qu’une modulation d’une matrice invisible (à l’image des flux numériques qui relaient sans cesse les mêmes images sur des écrans différents, donnant à chacun l’illusion de partager la même expérience singulière).
• Le collage numérique agit autrement mais poursuit le même geste : il fragmente l’unité, interrompt la continuité, oblige le regard à circuler et à reconstruire.
Multiplicité et fragmentation deviennent ainsi deux stratégies complémentaires pour empêcher l’image de se refermer sur elle-même. L’œuvre n’est plus un objet clos ni un message univoque ; elle devient un dispositif, un champ de tensions où le spectateur est placé face à sa responsabilité de lecteur. Dans un monde saturé d’images rapides et immédiatement lisibles, ce travail introduit une résistance, une hésitation, un ralentissement. L’autonomie ne réside plus dans l’objet exposé, mais dans l’attention portée à ce qui se joue entre les images. C’est dans cet espace instable — entre répétition et différence, permanence et disparition — que s’ouvre une temporalité suspendue, une brève zone d’autonomie du regard où l’image cesse de s’imposer pour redevenir expérience.