La gravure n’est pas un médium sage. Iris Miranda le prouve.
- Iris Miranda
Depuis dix ans, elle creuse le bois, attaque le métal, imprime la matière comme on imprime une peau. Au départ, des planches presque naturalistes. Des insectes, des végétaux, des textures scrutées avec précision. On croit voir une fascination pour l’histoire naturelle. En réalité, quelque chose déraille. Les formes prolifèrent. Les ombres gagnent. La nature devient trouble. Pas décorative. Pas illustrative. Vivante, organique, presque inquiétante.
Puis le corps entre en scène. Non pas comme figure classique, mais comme territoire. Humus, membrane, surface poreuse. Les silhouettes se dissolvent dans des réseaux végétaux. Intérieur et extérieur se confondent. Le charnel rejoint le métaphysique. La gravure devient un acte de friction : creuser, entailler, faire surgir. Ici, l’artiste radicalise le geste. Des visages gravés dans le bois, frontaux, sans échappatoire. Des masques qui regardent autant qu’ils sont regardés.
Abbaye de Flaran
32310 Valence-sur-Baïse
France
